Questions liées à la diffusion et aux analyses du TCE (trichloroéthylène) dans l’air des maisons

Comment se diffuse le TCE dans l’air des maisons ?

Du fait de caractère très volatil du TCE, celui-ci s’évapore depuis la nappe et peut passer dans l’air ambiant des maisons.

Par quels moyens ont été effectuées les analyses d’air intérieur et comment ont été choisis les lieux de prélèvements ?

Lors de la 1ère campagne de mai/juin 2018, le plan d’échantillonnage ciblait un périmètre d’environ 100 m autour du site. La seconde campagne menée en novembre/décembre 2018 a été étendue à l’ensemble de la zone située en aval hydraulique de l’ancien site industriel, correspondant à la zone de concentration estimée en TCE au sein de la nappe du jurassique de 20µg/ litre. Cette zone appelée « zone verte », est la plus étendue des 3 zones de concentration.

Ce sont in fine 142 habitations individuelles et 38 établissements recevant du public (ERP) et établissements sensibles (ETS) qui ont été investigués lors de la seconde campagne (45 habitations individuelles et 4 ERP/EST lors de la 1ère campagne).

Les prélèvements ont été effectués selon les préconisations de l’HCSP, sur supports passifs. Ceux-ci ont été laissés en place 12 jours. Les résultats sont représentatifs de la qualité de l’air moyenne des habitations sur la période de prélèvement. La limite de quantification de la technique utilisée était de 1,7 µg/m3. 

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Quels ont été les résultats ?

Les résultats ont été comparés aux valeurs repère de qualité de l’air intérieur (VR = 2 µg/m3) et d’action rapide (VAR= 10 µg/m3) proposées par le HCSP (voir plus haut). 

  • Habitations individuelles :
    - 142 habitations ont été investiguées
    - le TCE a été indétectable dans 126 habitations.
    - Pour 1 habitation, le TCE était détectable, mais présent en concentration inférieure à 2 µg/m3 (1,8 µg/m3).
    - Pour 13 habitations, les niveaux mesurés étaient supérieurs à la VR de 2 µg/m3 mais inférieurs à la VAR de 10 µg/m3.
    - Pour 2 habitations, les niveaux mesurés étaient supérieurs à la VAR de 10 µg/m3. 
  • Établissements sensibles :
    - 38 établissements recevant du public (ERP) et établissements sensibles (ETS) ont été investigués
    - Le TCE a été indétectable dans 37 d’entre eux
    - Pour 1 ERP, les niveaux mesurés étaient supérieurs à la VR de 2 µg/m3 mais inférieurs à la VAR de 10 µg/m3. Il s’agit de la « salle des baisers » du musée du cinéma. Cet équipement étant très souvent fermé, la concentration de TCE y est favorisée.

Les mesures de qualité de l’air ont été opérées lors de deux campagnes en 2018 (avant l’été en période de hautes eaux) et en fin d’année (en période de basses eaux).

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Que signifient ces résultats en termes d’action ?

Lorsque les concentrations mesurées dans l’air intérieur dépassent la VAR, le HCSP recommande de mettre en œuvre des actions correctives dans un délai de 6 mois pour abaisser le niveau de concentration en dessous de 2 μg/m3.

Lorsque les concentrations sont comprises entre la VR et la VAR, le HCSP ne recommande pas la mise en œuvre de mesures correctives avec la même urgence. Il parait justifié néanmoins de mettre en œuvre sans attendre des mesures de prévention simples pour réduire l’exposition des habitants, en particulier l’aération des locaux au moins deux fois par jour et la vérification et le nettoyage des éventuelles VMC.

Toutes les habitations concernées par une concentration supérieure ou égale à 2µg/m3 d’air ont bénéficié d’un diagnostic réalisé par le CEREMA (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement). Les préconisations de travaux formulées par cet établissement public seront mises en œuvre par les propriétaires concernés, sur financement du Département de la Charente.

Deux contrôles de la qualité de l’air ambiant seront effectués pour vérifier si les travaux ont permis d’abaisser le niveau de concentration en dessous de 2 μg/m3.

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De nouvelles valeurs de qualité d'air intérieur pour le trichloroéthylène (TCE)

Dans un rapport publié en juillet 2020, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a adopté la nouvelle valeur toxicologique de référence du TCE (la valeur qui permet de calculer le risque pour la santé en fonction de la dose d’exposition) proposée par l’ANSES en novembre 2019. Les valeurs repères de gestion de la qualité de l'air intérieur des logements sont ainsi modifiées.

La VR est désormais établie à 10µg/m3 d’air et la VAR à 50µg/m3 d’air. Ces valeurs correspondent au taux de TCE mesuré dans l’air ambiant à partir duquel des actions correctrices doivent être mises en œuvre. 

Valeur de gestion du HCSP VR VAR
Recommandation de juillet 2012 2 µg/m3 10 µg/m3
Délais pour les actions correctives 5 ans 6 mois
Recommandation de juillet 2020 10 µg/m3 50 µg/m3
Délais pour les actions correctives 5 ans à partir de la 1ère constatation 3 ans à partir de la 1ère constatation

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Quelles conséquences pour les habitations ?

Par souci de continuité et de cohérence avec les actions déjà réalisées, les habitations dans lesquelles du TCE a été mesuré dans l’air intérieur lors des investigations menées depuis 2018 restent éligibles aux mesures de remédiation décidées par les acteurs publics de la gouvernance (financement de travaux d’amélioration de la qualité de l’air par le Département de la Charente).

Les nouvelles habitations dans lesquelles du TCE serait détecté lors des prochaines campagnes de mesures, bénéficieront de la surveillance semestrielle. Elles seront éligibles au processus de remédiation à partir du nouveau seuil de VR du HCSP, soit 10µg/m3 d’air